JJ & Will sur la route...

J8 - De Twyfelfontein à Kamanjab

Le petit déjeuner n’a rien d’exceptionnel. Nescafé, œufs au bacon... La douche à l’eau froide est revigorante. Nous réglons notre apéro de la veille (15 dollars namibiens le whisky, soit 1,50€... Une affaire !...) et crissons notre camp, direction les fameuses gravures rupestres de Twyfelfontein, premier site namibien à avoir été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Comme d’habitude, un gardien sur le parking du site surveille la voiture. Nous entrons dans un baraquement où se tient la caisse, un mini-musée et un petit bar, ainsi que des toilettes sèches. Une fois le droit d’accès payé, on nous présente Bernadette qui sera notre guide. "Nice to meeting you, Bernadette" ! Il est 9h30 mais elle a le dynamisme déjà pas mal éprouvé... Elle nous guide à travers un dédale de rochers de grès où ont été gravés des silhouettes d’animaux. Ces gravures ont pour certaines quelques siècles, pour d’autres plusieurs millénaires, d’après les guides. Bernadette nous explique que les habitants du coin représentaient leurs captures de chasse au moment des veillées sur les rochers pour les montrer à toute la communauté. Sur un rocher plat est dessiné un plan du site avec l’emplacement des points d’eau. D’autres rochers ont une vocation plus pédagogique : à côté de chaque animal est dessinée son empreinte. La visite dure environ une heure 15. Nous nous rafraîchissons au bar, Bernadette se planque derrière le guichet et se goinfre de chips. La petite serveuse dédiée à l’encaissement des consommations est, comment dire : surprenante : elle a le look d’une attachée de presse de sous-préfecture. Emperruquée, tailleur, bas noirs, sac à main, smart phone sur lequel elle pianote en continu des SMS et semble exaspérée par tout ce qui l’entoure.

Nous quittons Twyfelfontein et nous dirigeons vers la forêt pétrifiée, sur la route de Xhorixas. Attention aux imitations : tout au long de la route, des propriétaires privés ont également leur bout de terrain avec un morceau de bois pétrifié et l’annoncent fièrement ! Nous finissons par arriver au site officiel. Cette fois ci, c’est Mickael qui sera notre guide. Un peu plus dynamique que Bernadette. Au moment de la séparation de l’Afrique et l’Amérique du sud, l’eau à recouvert un bonne partie de la région et des troncs d’arbre sont arrivés là, charriés par les flots. Au moment où la mer s’est retirée, ils ont été recouverts par des alluvions, puis la nature et le temps ont fait leur ouvrage. Ils sont pétrifiés. On trouve également sur le site une plante qui existait déjà à la préhistoire et qui serait la plus vieille plante encore existante : la welwitschia mirabilis. Elle ne subsiste que dans certaines parties de la Namibie et de l’Angola.

Au moment de partir Mickael nous demande si on peut emmener "son frère" en stop jusqu’à Xhorixas à une quarantaine de km. Ce sera fait avec plaisir. C’est vrai qu’on n’a pas croisé beaucoup de transport en commun dans le coin. La Namibie n’est visiblement pas adepte des taxis brousse.

Arrivés à Xhorixas, nous en profitons pour refaire le plein et pour nous acheter de quoi pique-niquer au supermarché. La jauge de cette voiture est vraiment bizarre. Elle indique qu’elle est pleine alors qu’on peut y ajouter presque 20 litres. D’où notre frayeur en arrivant à Walvis Bay. nous nous arrêtons sur une piste quelques kilomètres après Xhorixas, sur la route de Kamanjab, pour nous restaurer.

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Onjowewe, la petite maison dans les rochers où nous devons séjourner deux nuits est à une vingtaine de kilomètres de Kamanjab, direction Outjo. Nous trouvons la petite piste qui y mène, passons devant ce qui a l’air d’être un village himba, puis arrivons devant des champs clôturés. Nous tentons d’ouvrir un portail, avançons quelques centaines de mètres... Rien... Nous rebroussons chemin, demandons à une dame qui sort d’une guérite devant le village himba où est la "onjowewe". Au deuxième portail, nous répond-elle.

Nous retournons d’où nous venons et rouvrons le portail... Quelques centaines de mètres plus loin se cache effectivement la maison dans les rochers qui nous a été présentée comme un havre de paix super romantique.

Au premier regard, effectivement tout est splendide. Nous sommes accueillis par un groupe de femmes. Une d’entre elles nous fait visiter la maison. Au rez de chaussée, une cuisine assez sommaire : un petit fourneau à gaz, un petit frigo, fonctionnant au gaz également (la petite maison n’a pas l’électricité) et un évier. Une table et quelques placards où sont rangés des bougies et de la vaisselle. Au premier étage, une immense terrasse, avec piscine et barbecue, un grand salon avec bar, fauteuils, canapés, ouvert au quatre vents. Parfois une moustiquaire vient fermer une ouverture. À chaque bout du salon, une chambre avec plusieurs lits. Dans une des chambres, une salle de bains, avec baignoire et WC. Et pour terminer, le deuxième étage : une autre grande chambre avec une douche et un WC installés dans une sorte de couloir entre deux rochers.

Le tout à beaucoup de cachet. Il est dommage qu’en y regardant de plus prés, tout semble assez mal entretenu. La douche goutte en continu, les moustiquaires qui protègent les lits sont trouées, les grilles du barbecue sont tellement grasses et noires de graisses brûlées qu’elles sont inutilisables, la bouilloire est noire de suie, jusqu’à l’anse, un essuie main accroché à un lavabo près des toilettes n’a visiblement pas été lavé depuis, disons un bon mois ...

Comme nous sommes en "self catering" nous retournons à Kamanjab faire quelques courses pour dîner. À notre retour, les femmes ont disparu et nous prenons possession de la cuisine. Elle est extrêmement sombre, car construite entre les rochers... C’est dommage que rien n ’ait été prévu à l’étage pour cuisiner en pleine lumièe. Nous attendons la cuisson de nos saucisses- pommes sautées en prenant un bière et en faisant attention que les chats qui squattent la maison et réclament de la nourriture ne nous volent rien.
Trois femmes font leur réapparition quelques minutes plus tard pour allumer les bougies et les lampes à pétrole. Nous mangerons sur la terrasse, les chats à nos pieds. Une de ces pauvres bêtes, particulièrement collante se fera marcher dessus lorsque nous redescendrons notre couvert à la fin du repas.

À Onjowewe, il n’y a pas la télé. Mais il y a de beaux couchers de soleil...Alors hop, vite au lit !

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